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Première · Maths · Chapitre 1

Second degré

Forme canonique, discriminant, racines, factorisation et signe d’un trinôme du second degré.

Sommaire du cours
  1. Fonction polynôme du second degré
  2. Forme canonique
  3. Variations et parabole
  4. Équation du second degré
  5. Factorisation, somme et produit des racines
  6. Signe d’un trinôme

Fonction polynôme du second degré

Définition — Trinôme du second degré

On appelle fonction polynôme du second degré toute fonction ff définie sur R\R par

f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^2 + bx + c

où aa⁠, bb et cc sont des nombres réels avec a≠0a \neq 0⁠. L’expression ax2+bx+cax^2 + bx + c est appelée trinôme du second degré.

Exemple

  • f(x)=3x2−5x+1f(x) = 3x^2 - 5x + 1 est un trinôme avec a=3a = 3⁠, b=−5b = -5 et c=1c = 1⁠.
  • g(x)=−x2+4g(x) = -x^2 + 4 est un trinôme avec a=−1a = -1⁠, b=0b = 0 et c=4c = 4⁠.
  • h(x)=(x−2)(2x+1)h(x) = (x - 2)(2x + 1) est un trinôme : en développant, h(x)=2x2−3x−2h(x) = 2x^2 - 3x - 2⁠.
  • k(x)=4x−7k(x) = 4x - 7 n’est pas un trinôme du second degré, car le coefficient de x2x^2 est nul.

Forme canonique

Propriété — Forme canonique

Tout trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^2 + bx + c (avec a≠0a \neq 0⁠) peut s’écrire sous la forme

f(x)=a(x−α)2+βf(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta

avec α=−b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} et β=f(α)\beta = f(\alpha)⁠. Cette écriture s’appelle la forme canonique de f(x)f(x)⁠.

Démonstration

Comme a≠0a \neq 0⁠, on peut factoriser par aa :

f(x)=a(x2+bax+ca).f(x) = a\left(x^2 + \frac{b}{a}x + \frac{c}{a}\right).

On reconnaît le début du carré (x+b2a)2=x2+bax+b24a2\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 = x^2 + \frac{b}{a}x + \frac{b^2}{4a^2}⁠. Donc

f(x)=a[(x+b2a)2−b24a2+ca]=a(x+b2a)2−b2−4ac4a.f(x) = a\left[\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{b^2}{4a^2} + \frac{c}{a}\right] = a\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{b^2 - 4ac}{4a}.

En posant α=−b2a\alpha = -\frac{b}{2a} et β=−b2−4ac4a\beta = -\frac{b^2 - 4ac}{4a}⁠, on obtient f(x)=a(x−α)2+βf(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta⁠. Enfin f(α)=a×02+β=βf(\alpha) = a \times 0^2 + \beta = \beta⁠.

Méthode — Mettre sous forme canonique

  1. Calculer α=−b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a}⁠.
  2. Calculer β=f(α)\beta = f(\alpha)⁠.
  3. Écrire f(x)=a(x−α)2+βf(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta⁠, puis vérifier en développant.

Exemple

Pour f(x)=2x2−12x+13f(x) = 2x^2 - 12x + 13 : α=−−122×2=3\alpha = -\dfrac{-12}{2 \times 2} = 3 et β=f(3)=18−36+13=−5\beta = f(3) = 18 - 36 + 13 = -5⁠.

Donc f(x)=2(x−3)2−5f(x) = 2(x - 3)^2 - 5⁠.

Variations et parabole

Propriété — Sens de variation

Soit f(x)=a(x−α)2+βf(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta⁠.

  • Si a>0a > 0⁠, ff est décroissante sur ]−∞ ; α]\interof{-\infty}{\alpha} puis croissante sur [α ; +∞[\interfo{\alpha}{+\infty} : elle admet un minimum égal à β\beta⁠, atteint en x=αx = \alpha⁠.
  • Si a<0a < 0⁠, ff est croissante sur ]−∞ ; α]\interof{-\infty}{\alpha} puis décroissante sur [α ; +∞[\interfo{\alpha}{+\infty} : elle admet un maximum égal à β\beta⁠, atteint en x=αx = \alpha⁠.

Cas a>0a > 0 :

x−∞α+∞f↘↗β\begin{array}{|c|ccccc|} \hline x & -\infty & & \alpha & & +\infty \\ \hline & & & & & \\ f & & \searrow & & \nearrow & \\ & & & \beta & & \\ \hline \end{array}

Cas a<0a < 0 :

x−∞α+∞βf↗↘\begin{array}{|c|ccccc|} \hline x & -\infty & & \alpha & & +\infty \\ \hline & & & \beta & & \\ f & & \nearrow & & \searrow & \\ & & & & & \\ \hline \end{array}

Propriété — Parabole

Dans un repère, la courbe d’une fonction polynôme du second degré est une parabole :

  • de sommet S(α ; β)S(\alpha\,;\,\beta) ;
  • d’axe de symétrie la droite d’équation x=αx = \alpha ;
  • tournée vers le haut si a>0a > 0⁠, vers le bas si a<0a < 0⁠.

Équation du second degré

Définition — Discriminant

Le discriminant du trinôme ax2+bx+cax^2 + bx + c est le nombre

Δ=b2−4ac.\Delta = b^2 - 4ac.

Théorème — Solutions de l’équation du second degré

  • Si Δ>0\Delta > 0⁠, l’équation admet deux solutions distinctes : x1=−b−Δ2aetx2=−b+Δ2a.x_1 = \frac{-b - \sqrt{\Delta}}{2a} \qquad\text{et}\qquad x_2 = \frac{-b + \sqrt{\Delta}}{2a}.
  • Si Δ=0\Delta = 0⁠, l’équation admet une seule solution : x0=−b2ax_0 = -\dfrac{b}{2a}⁠.
  • Si Δ<0\Delta < 0⁠, l’équation n’admet aucune solution réelle.

Les solutions de l’équation ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0 sont aussi appelées racines du trinôme.

Démonstration

D’après la démonstration de la forme canonique, avec β=−Δ4a\beta = -\frac{\Delta}{4a} :

ax2+bx+c=a[(x+b2a)2−Δ4a2].ax^2 + bx + c = a\left[\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{\Delta}{4a^2}\right].

Comme a≠0a \neq 0⁠, l’équation équivaut à (x+b2a)2=Δ4a2\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 = \frac{\Delta}{4a^2}⁠.

  • Si Δ<0\Delta < 0⁠, le membre de droite est strictement négatif alors qu’un carré est positif : aucune solution.
  • Si Δ=0\Delta = 0⁠, on obtient (x+b2a)2=0\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 = 0⁠, donc x=−b2ax = -\frac{b}{2a}⁠.
  • Si Δ>0\Delta > 0⁠, on obtient x+b2a=Δ2ax + \frac{b}{2a} = \frac{\sqrt{\Delta}}{2a} ou x+b2a=−Δ2ax + \frac{b}{2a} = -\frac{\sqrt{\Delta}}{2a}⁠, ce qui donne les deux solutions x1x_1 et x2x_2⁠.

Exemple

Résolvons 2x2−x−6=02x^2 - x - 6 = 0⁠. Ici a=2a = 2⁠, b=−1b = -1⁠, c=−6c = -6⁠.

Δ=(−1)2−4×2×(−6)=1+48=49>0\Delta = (-1)^2 - 4 \times 2 \times (-6) = 1 + 48 = 49 > 0 et 49=7\sqrt{49} = 7⁠. Il y a deux solutions :

x1=1−74=−32etx2=1+74=2.x_1 = \frac{1 - 7}{4} = -\frac{3}{2} \qquad\text{et}\qquad x_2 = \frac{1 + 7}{4} = 2.

L’ensemble des solutions est S={−32 ; 2}S = \left\{-\dfrac{3}{2}\,;\,2\right\}⁠.

Attention

Avant de calculer Δ\Delta⁠, l’équation doit être sous la forme ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0 : tout passer dans le même membre. Et lorsque b=0b = 0 ou c=0c = 0⁠, il est souvent plus rapide de factoriser directement (par exemple 3x2−6x=3x(x−2)3x^2 - 6x = 3x(x - 2)⁠).

Factorisation, somme et produit des racines

Propriété — Forme factorisée

  • Si Δ>0\Delta > 0 :   ax2+bx+c=a(x−x1)(x−x2)\;ax^2 + bx + c = a(x - x_1)(x - x_2)⁠.
  • Si Δ=0\Delta = 0 :   ax2+bx+c=a(x−x0)2\;ax^2 + bx + c = a(x - x_0)^2⁠.
  • Si Δ<0\Delta < 0 : le trinôme ne peut pas s’écrire comme un produit de facteurs du premier degré.

Propriété — Somme et produit des racines

Si Δ≥0\Delta \geq 0⁠, les racines x1x_1 et x2x_2 (éventuellement égales) vérifient

x1+x2=−baetx1×x2=ca.x_1 + x_2 = -\frac{b}{a} \qquad\text{et}\qquad x_1 \times x_2 = \frac{c}{a}.

Méthode — Utiliser une racine évidente

Si l’on repère une racine « évidente » x1x_1 (souvent 11⁠, −1-1⁠, 22⁠…), on trouve l’autre sans calculer Δ\Delta grâce au produit : x2=ca x1x_2 = \dfrac{c}{a \, x_1}⁠.

Par exemple, 11 est racine de 3x2+2x−53x^2 + 2x - 5 car 3+2−5=03 + 2 - 5 = 0⁠. Le produit des racines vaut −53-\dfrac{5}{3}⁠, donc l’autre racine est x2=−53x_2 = -\dfrac{5}{3}⁠.

Signe d’un trinôme

Théorème — Signe d’un trinôme

Un trinôme du second degré est du signe de aa, sauf entre ses racines lorsqu’il en a deux.

Si Δ>0\Delta > 0 (racines x1<x2x_1 < x_2⁠) :

x−∞x1x2+∞ax2+bx+csigne de a0signe de −a0signe de a\begin{array}{|c|ccccccc|} \hline x & -\infty & & x_1 & & x_2 & & +\infty \\ \hline ax^2 + bx + c & & \text{signe de } a & 0 & \text{signe de } -a & 0 & \text{signe de } a & \\ \hline \end{array}

Si Δ=0\Delta = 0 :

x−∞x0+∞ax2+bx+csigne de a0signe de a\begin{array}{|c|ccccc|} \hline x & -\infty & & x_0 & & +\infty \\ \hline ax^2 + bx + c & & \text{signe de } a & 0 & \text{signe de } a & \\ \hline \end{array}

Si Δ<0\Delta < 0 :

x−∞+∞ax2+bx+csigne de a\begin{array}{|c|ccc|} \hline x & -\infty & & +\infty \\ \hline ax^2 + bx + c & & \text{signe de } a & \\ \hline \end{array}

Méthode — Résoudre une inéquation du second degré

  1. Tout passer dans un membre pour se ramener à ax2+bx+c>0ax^2 + bx + c > 0 (ou <<⁠, ≥\geq⁠, ≤\leq⁠).
  2. Calculer Δ\Delta et les éventuelles racines.
  3. Dresser le tableau de signes du trinôme.
  4. Lire l’ensemble des solutions, en faisant attention aux crochets (racines incluses ou non).

Exemple

Résolvons x2−x−6<0x^2 - x - 6 < 0⁠. On a Δ=1+24=25\Delta = 1 + 24 = 25⁠, d’où les racines x1=1−52=−2x_1 = \dfrac{1 - 5}{2} = -2 et x2=1+52=3x_2 = \dfrac{1 + 5}{2} = 3⁠.

x−∞−23+∞x2−x−6+0−0+\begin{array}{|c|ccccccc|} \hline x & -\infty & & -2 & & 3 & & +\infty \\ \hline x^2 - x - 6 & & + & 0 & - & 0 & + & \\ \hline \end{array}

Comme a=1>0a = 1 > 0⁠, le trinôme est négatif entre les racines : S=]−2 ; 3[S = \interoo{-2}{3}⁠.