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Première · Maths · Chapitre 3

Suites numériques

Suites définies par une formule ou par récurrence, sens de variation, suites arithmétiques et géométriques, sommes de termes.

Sommaire du cours
  1. Généralités
  2. Sens de variation
  3. Suites arithmétiques
  4. Suites géométriques
  5. Sommes de termes
  6. Seuil et algorithme

Généralités

Définition — Suite numérique

Une suite numérique associe à chaque entier naturel nn un réel noté unu_n⁠, appelé terme de rang nn. La suite entière se note (un)(u_n)⁠.

Définition — Deux façons de définir une suite

  • Par une formule explicite : un=f(n)u_n = f(n)⁠. On calcule directement n’importe quel terme.
  • Par récurrence : on donne le premier terme u0u_0 et une relation un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) qui permet de passer d’un terme au suivant.

Exemple

Avec un=2n2−1u_n = 2n^2 - 1 : u0=−1u_0 = -1 et u3=2×9−1=17u_3 = 2 \times 9 - 1 = 17⁠.

Avec u0=3u_0 = 3 et un+1=2un−1u_{n+1} = 2u_n - 1 : u1=2×3−1=5u_1 = 2 \times 3 - 1 = 5⁠, puis u2=2×5−1=9u_2 = 2 \times 5 - 1 = 9⁠.

Attention

  • un+1u_{n+1} est le terme qui suit unu_n : ce n’est pas un+1u_n + 1⁠.
  • unu_n désigne un nombre (un terme) et (un)(u_n) désigne la suite entière.
  • Avec une définition par récurrence, pour obtenir u10u_{10} il faut calculer les termes un par un.

Sens de variation

Définition

Soit (un)(u_n) une suite.

  • (un)(u_n) est croissante si un+1≥unu_{n+1} \geq u_n pour tout n∈Nn \in \N⁠.
  • (un)(u_n) est décroissante si un+1≤unu_{n+1} \leq u_n pour tout n∈Nn \in \N⁠.
  • (un)(u_n) est constante si un+1=unu_{n+1} = u_n pour tout n∈Nn \in \N⁠.

Avec des inégalités strictes, on parle de suite strictement croissante ou décroissante. Une suite croissante ou décroissante est dite monotone.

Méthode — Étudier le sens de variation

  1. Exprimer un+1u_{n+1} puis calculer un+1−unu_{n+1} - u_n et le simplifier.
  2. Étudier le signe de cette différence pour tout n∈Nn \in \N⁠.
  3. Conclure : différence positive, suite croissante ; différence négative, suite décroissante.

Exemple

Soit un=n2+nu_n = n^2 + n⁠. Pour tout n∈Nn \in \N :

un+1−un=(n+1)2+(n+1)−n2−n=2n+2>0.u_{n+1} - u_n = (n+1)^2 + (n+1) - n^2 - n = 2n + 2 > 0.

La suite (un)(u_n) est strictement croissante.

Propriété — Lien avec les fonctions

Si un=f(n)u_n = f(n) et si ff est croissante (respectivement décroissante) sur [0 ; +∞[\interfo{0}{+\infty}⁠, alors (un)(u_n) est croissante (respectivement décroissante).

Attention

  • Cette propriété ne vaut que pour une suite définie par une formule explicite, pas pour une relation de récurrence.
  • La réciproque est fausse : une suite peut être croissante sans que la fonction ff le soit sur tout [0 ; +∞[\interfo{0}{+\infty}⁠.
  • Une suite n’est pas toujours monotone. Pour un=n2−6nu_n = n^2 - 6n⁠, on a u0=0u_0 = 0⁠, u1=−5u_1 = -5⁠, u2=−8u_2 = -8⁠, u3=−9u_3 = -9 puis u4=−8u_4 = -8 : elle décroît d’abord, puis croît à partir d’un certain rang.

Suites arithmétiques

Définition — Suite arithmétique

Une suite (un)(u_n) est arithmétique s’il existe un réel rr tel que, pour tout n∈Nn \in \N⁠,

un+1=un+r.u_{n+1} = u_n + r.

Le nombre rr s’appelle la raison de la suite.

Méthode — Montrer qu’une suite est arithmétique

  1. Calculer un+1−unu_{n+1} - u_n en fonction de nn⁠.
  2. Montrer que le résultat est une constante rr (il ne dépend pas de nn⁠).
  3. Conclure : la suite est arithmétique de raison rr⁠.

Exemple

Soit un=3n−2u_n = 3n - 2⁠. Pour tout n∈Nn \in \N :

un+1−un=3(n+1)−2−(3n−2)=3.u_{n+1} - u_n = 3(n + 1) - 2 - (3n - 2) = 3.

La suite (un)(u_n) est arithmétique de raison 33 et de premier terme u0=−2u_0 = -2⁠.

Attention

Calculer seulement les premiers termes ne suffit pas à prouver qu’une suite est arithmétique. En revanche, cela suffit pour prouver qu’elle ne l’est pas : pour un=n2u_n = n^2⁠, on a u1−u0=1u_1 - u_0 = 1 mais u2−u1=3u_2 - u_1 = 3⁠.

Propriété — Terme général

Si (un)(u_n) est arithmétique de raison rr⁠, alors pour tous entiers naturels nn et pp :

un=u0+nretun=up+(n−p)r.u_n = u_0 + nr \qquad\text{et}\qquad u_n = u_p + (n - p)r.

Exemple

Si u0=1,5u_0 = 1{,}5 et r=0,5r = 0{,}5⁠, alors u10=1,5+10×0,5=6,5u_{10} = 1{,}5 + 10 \times 0{,}5 = 6{,}5⁠.

Propriété — Sens de variation

Soit (un)(u_n) une suite arithmétique de raison rr⁠.

  • Si r>0r > 0⁠, la suite est strictement croissante.
  • Si r<0r < 0⁠, la suite est strictement décroissante.
  • Si r=0r = 0⁠, la suite est constante.

Remarque

Les points de coordonnées (n ; un)(n\,;\,u_n) sont alignés sur la droite d’équation y=rx+u0y = rx + u_0⁠.

Suites géométriques

Définition — Suite géométrique

Une suite (un)(u_n) est géométrique s’il existe un réel qq tel que, pour tout n∈Nn \in \N⁠,

un+1=q×un.u_{n+1} = q \times u_n.

Le nombre qq s’appelle la raison de la suite.

Méthode — Montrer qu’une suite est géométrique

  1. Si unu_n ne s’annule jamais, calculer le quotient un+1un\dfrac{u_{n+1}}{u_n}⁠, ou directement exprimer un+1u_{n+1} en fonction de unu_n⁠.
  2. Montrer que le résultat est une constante qq (il ne dépend pas de nn⁠).
  3. Conclure : la suite est géométrique de raison qq⁠.

Exemple

Soit un=3×2nu_n = 3 \times 2^n⁠. Pour tout n∈Nn \in \N :

un+1un=3×2n+13×2n=2.\frac{u_{n+1}}{u_n} = \frac{3 \times 2^{n+1}}{3 \times 2^n} = 2.

La suite (un)(u_n) est géométrique de raison 22 et de premier terme u0=3u_0 = 3⁠.

Propriété — Terme général

Si (un)(u_n) est géométrique de raison qq⁠, alors pour tous entiers naturels nn et pp :

un=u0×qnetun=up×qn−p.u_n = u_0 \times q^n \qquad\text{et}\qquad u_n = u_p \times q^{n-p}.

Exemple

Si u0=2u_0 = 2 et q=3q = 3⁠, alors u4=2×34=162u_4 = 2 \times 3^4 = 162⁠.

Propriété — Sens de variation

Soit (un)(u_n) une suite géométrique de raison qq et de premier terme u0u_0⁠.

Raisonu0>0u_0 > 0u0<0u_0 < 0
q>1q > 1croissantedécroissante
0<q<10 < q < 1décroissantecroissante
q=1q = 1constanteconstante
q<0q < 0non monotonenon monotone

Remarque

Pour q<0q < 0⁠, les termes changent de signe à chaque étape. Par exemple, avec u0=2u_0 = 2 et q=−3q = -3 on obtient 22⁠, −6-6⁠, 1818⁠, −54-54⁠, ...

Sommes de termes

Théorème — Somme des premiers entiers

Pour tout entier n≥1n \geq 1 :

1+2+⋯+n=n(n+1)2.1 + 2 + \cdots + n = \frac{n(n + 1)}{2}.
Démonstration

On note S=1+2+⋯+nS = 1 + 2 + \cdots + n et on écrit la somme dans les deux sens :

S=1+2+⋯+nS=n+(n−1)+⋯+1\begin{aligned} S &= 1 + 2 + \cdots + n \\ S &= n + (n - 1) + \cdots + 1 \end{aligned}

En additionnant terme à terme, on obtient nn fois la valeur n+1n + 1 : 2S=n(n+1)2S = n(n + 1)⁠, d’où S=n(n+1)2S = \dfrac{n(n + 1)}{2}⁠.

Propriété — Somme de termes d’une suite arithmétique

Si (un)(u_n) est arithmétique, alors

u0+u1+⋯+un=(n+1)×u0+un2.u_0 + u_1 + \cdots + u_n = (n + 1) \times \frac{u_0 + u_n}{2}.

De façon générale : la somme de termes consécutifs vaut (nombre de termes) ×premier terme+dernier terme2\times \dfrac{\text{premier terme} + \text{dernier terme}}{2}⁠.

Exemple

Pour un=3n+1u_n = 3n + 1 : u0+u1+⋯+u10u_0 + u_1 + \cdots + u_{10} comporte 1111 termes, avec u0=1u_0 = 1 et u10=31u_{10} = 31⁠, donc la somme vaut 11×1+312=17611 \times \dfrac{1 + 31}{2} = 176⁠.

Théorème — Somme de termes d’une suite géométrique

Pour tout réel q≠1q \neq 1 et tout entier n≥0n \geq 0 :

1+q+q2+⋯+qn=1−qn+11−q.1 + q + q^2 + \cdots + q^n = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}.

Pour une suite géométrique (un)(u_n) de raison q≠1q \neq 1 :

u0+u1+⋯+un=u0×1−qn+11−q.u_0 + u_1 + \cdots + u_n = u_0 \times \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}.
Démonstration

On note S=1+q+q2+⋯+qnS = 1 + q + q^2 + \cdots + q^n⁠. En multipliant par qq :

S=1+q+q2+⋯+qnqS=q+q2+⋯+qn+qn+1\begin{aligned} S &= 1 + q + q^2 + \cdots + q^n \\ qS &= q + q^2 + \cdots + q^n + q^{n+1} \end{aligned}

En soustrayant, tous les termes se simplifient sauf le premier et le dernier : S−qS=1−qn+1S - qS = 1 - q^{n+1}⁠, donc S(1−q)=1−qn+1S(1 - q) = 1 - q^{n+1}⁠. Comme q≠1q \neq 1⁠, on divise par 1−q1 - q⁠.

Exemple

1+2+4+⋯+210=1−2111−2=211−1=20471 + 2 + 4 + \cdots + 2^{10} = \dfrac{1 - 2^{11}}{1 - 2} = 2^{11} - 1 = 2047⁠.

Attention

De u0u_0 à unu_n⁠, il y a n+1n + 1 termes (pas nn⁠). Pour une somme qui commence à upu_p avec p≥1p \geq 1⁠, le nombre de termes de upu_p à unu_n est n−p+1n - p + 1⁠.

Seuil et algorithme

Méthode — Chercher un seuil avec une boucle

Pour trouver le plus petit rang nn tel que unu_n dépasse une valeur donnée, on calcule les termes un par un tant que la condition n’est pas atteinte.

Exemple

Pour un=3×2nu_n = 3 \times 2^n⁠, on cherche le plus petit nn tel que un>500u_n > 500⁠.

n = 0
u = 3
while u <= 500:
    n = n + 1
    u = 2 * u
print(n)

Le programme affiche 88 : on a u7=384≤500u_7 = 384 \leq 500 et u8=768>500u_8 = 768 > 500⁠.

Remarque

La condition de la boucle while est la négation de ce qu’on cherche : on continue tant que un≤500u_n \leq 500⁠, et on s’arrête dès que un>500u_n > 500⁠.